Expertise après dégât des eaux
Dans un dégât des eaux, la difficulté n’est presque jamais de constater l’eau. Elle est de dire d’où elle vient, jusqu’où elle est allée, et qui en répond.
Une trace d’humidité au plafond du rez de chaussée peut avoir sa source trois pièces plus loin. Tant que l’origine n’est pas établie, la réparation est une hypothèse.
Quatre origines qui se ressemblent au mur et n'ont rien à voir
- La fuite sur canalisation, encastrée ou apparente, en alimentation ou en évacuation. Elle produit souvent une humidité localisée et constante, indépendante de la météo.
- L’infiltration par la toiture, une façade, une menuiserie ou une terrasse. Elle suit les épisodes de pluie et parfois une orientation de vent particulière.
- La remontée capillaire, qui progresse depuis le sol dans une maçonnerie poreuse. Elle dessine une frange horizontale avec dépôt de sels.
- La condensation, liée à un défaut de ventilation ou à un pont thermique. Elle se manifeste en surface, souvent dans les angles froids, et n’a aucune source de fuite.
Confondre ces quatre situations conduit à des travaux inutiles et à un refus de prise en charge.
Établir l'origine
La recherche procède par élimination, du moins destructif vers le plus destructif.
- Relevé d’humidité des parois et comparaison avec des zones saines
- Analyse de la chronologie, en croisant l’apparition des traces avec les épisodes de pluie et l’usage des équipements
- Contrôle des points singuliers, relevés d’étanchéité, solins, seuils, évacuations et trop pleins
- Mise en eau contrôlée d’un ouvrage suspect, zone par zone
- Recherche non destructive par un prestataire spécialisé, caméra thermique, gaz traceur ou corrélation acoustique, lorsque les investigations simples ne suffisent pas
Mesurer l'étendue réelle des dommages
L’erreur la plus coûteuse est de ne traiter que ce qui se voit. L’eau circule dans les vides de construction et dans les matériaux poreux.
- Isolants gorgés d’eau derrière une cloison en apparence intacte
- Planchers bois dont les abouts de solives sont atteints en rive de mur
- Doublages et plinthes qui retiennent l’humidité et la restituent lentement
- Installations électriques encastrées dans les zones touchées
Séchage et remise en état, dans cet ordre
Refermer un ouvrage humide fabrique un second sinistre, moisissures, décollements, odeurs persistantes. Le séchage se contrôle par des mesures d’humidité répétées, pas à l’aspect.
La remise en état ne commence qu’une fois la teneur en eau redescendue à un niveau compatible avec les matériaux à mettre en œuvre.
Qui répond du sinistre
La réponse dépend de l’origine établie, et c’est bien pour cela que l’origine est le premier travail.
- Fuite privative dans un logement, assurance de l’occupant ou du propriétaire selon le contrat
- Fuite sur une canalisation commune en copropriété, assurance de l’immeuble
- Infiltration par un ouvrage récent, la question bascule vers les garanties de construction
- Défaut de conception ou de mise en œuvre d’une étanchéité, responsabilité des intervenants à l’acte de construire
Nous vous assistons lors de l’expertise amiable et chiffrons les reprises.
Questions fréquentes
Qui paie la recherche de fuite ?
De nombreux contrats multirisques habitation prennent en charge la recherche de fuite, y compris lorsqu’elle suppose une destruction partielle des ouvrages. Le périmètre et le plafond varient d’un contrat à l’autre, il faut donc lire la garantie avant d’engager les investigations, et faire valider la démarche par l’assureur.
Faut-il attendre l'expert avant de sécher ?
Il faut arrêter la cause immédiatement et protéger ce qui peut l’être, c’est même une obligation contractuelle. En revanche, il faut conserver les preuves avant toute dépose : photographies datées, et si possible les éléments déposés. Prévenez votre assureur sans attendre la visite.
Humidité au bas des murs, est-ce un dégât des eaux ?
Souvent non. Une frange horizontale régulière en pied de mur, avec des dépôts blanchâtres, évoque une remontée capillaire, qui est un désordre du bâti et non un sinistre soudain. La plupart des contrats excluent ce cas. Le diagnostic doit trancher avant toute déclaration.
Mon voisin refuse de faire réparer sa fuite, que faire ?
Un constat technique établissant l’origine chez le voisin est la pièce qui permet d’engager la discussion, puis la procédure si nécessaire. En copropriété, le syndic doit être informé par écrit, en particulier si la canalisation en cause relève des parties communes.
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