DPGF, BPU et DQE : les pièces de prix d'un marché
Trois sigles reviennent dans toutes les consultations de travaux, et ils ne désignent pas la même chose. Les confondre conduit à s’engager sur un prix que l’on n’avait pas voulu donner.
La question décisive est toujours la même : quelle pièce vous engage contractuellement, et laquelle sert seulement à comparer les offres.
Les trois pièces, et ce qui les sépare
- La DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire. Elle accompagne un marché à prix forfaitaire. Le prix total est ferme : vous vous engagez à réaliser l’ouvrage décrit pour ce montant, même si les quantités réelles s’écartent de vos estimations.
- Le BPU, bordereau des prix unitaires. Il accompagne un marché à prix unitaires, souvent à bons de commande. Vous vous engagez sur le prix de chaque unité, et la quantité réellement commandée n’est pas garantie.
- Le DQE, détail quantitatif estimatif. Il applique vos prix unitaires à des quantités supposées, uniquement pour classer les offres. Il n’est pas contractuel, sauf mention contraire du marché.
La conséquence pratique est directe. Sur une DPGF, une quantité sous estimée est votre perte. Sur un BPU, elle ne l’est pas, mais un prix unitaire mal placé peut vous faire perdre le classement sans que vous compreniez pourquoi.
Les erreurs qui coûtent cher
- Modifier le cadre fourni. Ajouter une ligne, en supprimer une, changer une unité ou un libellé rend souvent l’offre irrégulière. Les observations se portent ailleurs, dans le mémoire ou dans une variante formalisée.
- Laisser une ligne à zéro ou vide. Selon le marché, elle est interprétée comme une prestation offerte, ou comme une offre incomplète.
- L’incohérence entre pièces. Quand le total de l’acte d’engagement ne correspond pas à la somme de la DPGF, une règle du marché désigne la pièce qui l’emporte, et ce n’est pas toujours celle que vous espériez.
- Oublier les prestations induites. Installation de chantier, protections, nettoyage, gestion des déchets, dossier des ouvrages exécutés. Sur un forfait, ce qui est oublié est à votre charge.
- Le déséquilibre volontaire des prix unitaires. Gonfler les postes dont la quantité va augmenter est repérable et peut faire qualifier l’offre d’anormalement basse ou d’irrégulière.
Lire le CCTP avant de remplir la ligne
Un libellé de DPGF tient sur une ligne. Ce qu’il recouvre tient parfois sur trois pages de CCTP.
Chaque poste doit être chiffré en relisant l’article correspondant du cahier des clauses techniques : nature exacte du matériau, mise en œuvre, tolérances, ouvrages accessoires inclus, limites de prestation avec les lots voisins. C’est le travail de l’économie de la construction, et c’est ce qui sépare une offre tenable d’une offre qui se rattrape en réclamations.
Variantes et prestations supplémentaires
Deux mécanismes différents, et les confondre fait écarter l’offre.
- La variante est votre proposition d’une solution différente de celle du dossier. Elle n’est recevable que si le règlement l’autorise, et elle s’accompagne en général de l’offre de base.
- La prestation supplémentaire éventuelle est demandée par l’acheteur lui même, chiffrée séparément, qu’il retient ou non. Quand elle est obligatoire, ne pas la chiffrer rend l’offre irrégulière.
Notre intervention
- Vérification de cohérence entre CCTP, plans et cadre de prix avant chiffrage
- Métrés et quantitatifs contradictoires
- Repérage des prestations induites et des limites de prestation entre lots
- Contrôle de cohérence entre acte d’engagement, DPGF et mémoire technique avant dépôt
Questions fréquentes
DPGF ou BPU, comment savoir lequel s'applique ?
C’est la forme du prix qui commande, et elle est indiquée au CCAP et à l’acte d’engagement. Un marché à prix forfaitaire s’accompagne d’une DPGF, un marché à prix unitaires d’un BPU. Un même marché peut comporter les deux, par exemple un forfait pour le gros œuvre et des prix unitaires pour des interventions ponctuelles.
Le DQE engage-t-il l'entreprise ?
En principe non : il sert à comparer les offres en appliquant vos prix unitaires à des quantités supposées. Ce sont les prix unitaires du BPU qui vous engagent, pas le total du DQE. Mais certains marchés rendent le DQE contractuel, il faut donc le vérifier au CCAP plutôt que de le supposer.
Peut-on corriger une erreur de prix après le dépôt ?
Une erreur matérielle évidente peut parfois être rectifiée par l’acheteur, mais une erreur de chiffrage, non : elle vous engage. C’est la raison pour laquelle la vérification de cohérence entre les pièces doit être faite avant le dépôt, et pas dans la dernière heure.
Que faire si une quantité du dossier paraît fausse ?
Posez la question par la plateforme, pendant la période de consultation. La réponse est communiquée à tous les candidats et engage l’acheteur. Corriger la quantité de votre propre initiative dans le cadre fourni est le plus sûr moyen de rendre votre offre irrégulière.
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