Le mémoire technique, ce qui fait vraiment la note

Le mémoire technique est le document qui porte la valeur technique de votre offre. Sur beaucoup de marchés de travaux, ce critère pèse autant que le prix, parfois davantage.

C’est pourtant le document le plus souvent recopié d’un dossier à l’autre. Un acheteur qui lit vingt mémoires reconnaît immédiatement celui qui a été écrit pour son chantier.

Commencer par la grille de notation, pas par le texte

Le règlement de la consultation annonce les critères et leur pondération. Souvent, il détaille aussi les sous critères de la valeur technique.

Cette grille est le plan de votre mémoire. Si le règlement note la méthodologie d’exécution, les moyens affectés et la gestion des déchets, alors le mémoire comporte ces trois parties, dans cet ordre, avec ces titres.

Un acheteur note en cherchant. Ce qu’il ne trouve pas, il ne le note pas, même si l’information figure trois pages plus loin sous un autre nom.

Les parties attendues

  • Moyens humains affectés : les personnes réellement prévues, leur qualification, leur expérience du type d’ouvrage, et qui répond de quoi sur le chantier.
  • Moyens matériels : les matériels affectés à cette opération, avec leurs caractéristiques utiles, et non le catalogue complet de l’entreprise.
  • Méthodologie d’exécution : comment vous comptez faire, dans l’ordre, avec les points sensibles de ce chantier précis.
  • Planning d’exécution : cohérent avec le délai du marché et avec les moyens annoncés plus haut.
  • Provenance et qualité des matériaux : fiches techniques, avis techniques, certifications.
  • Sécurité et prévention : organisation du chantier, coactivité, voir notre page QSE.
  • Gestion des déchets : tri, filières, traçabilité.
  • Insertion et environnement quand le marché le prévoit.

Ce qui fait perdre des points

Ces défauts se retrouvent dans la majorité des mémoires mal notés.

  • Le copier coller visible : un mémoire qui parle d’un autre type d’ouvrage, ou qui garde le nom d’un autre maître d’ouvrage.
  • La plaquette commerciale : trente pages sur l’histoire de l’entreprise, rien sur ce chantier.
  • Les affirmations sans preuve : annoncer une équipe dédiée sans nommer personne ni joindre aucune qualification.
  • L’incohérence interne : un planning qui suppose deux équipes quand les moyens humains n’en annoncent qu’une. C’est vérifié, et c’est sanctionné.
  • Le hors sujet : développer longuement un sous critère qui pèse cinq points et expédier celui qui en pèse vingt.

Ce qui fait gagner des points

  • Nommer les personnes et joindre leurs qualifications
  • Décrire les contraintes propres à ce chantier, accès, voisinage, activité maintenue, phasage imposé, et dire comment vous les traitez
  • Donner des éléments vérifiables, références de matériaux, cadences, délais d’approvisionnement
  • Illustrer, un schéma d’installation de chantier vaut deux pages de texte
  • Rester lisible, l’acheteur lit vingt dossiers et note ce qu’il trouve

Un mémoire réutilisable, mais jamais recopié

Écrire chaque mémoire depuis la page blanche n’est pas tenable. La bonne méthode est de constituer un socle documentaire, fiches de personnel, fiches matériel, procédures, filières de déchets, références classées par type d’ouvrage, puis de réécrire à chaque consultation la partie qui parle du chantier.

C’est ce socle que nous construisons avec les entreprises que nous accompagnons dans la durée. Le premier dossier prend du temps, les suivants beaucoup moins.

Notre intervention

  • Lecture du règlement de consultation et reconstitution de la grille de notation
  • Entretien avec vos conducteurs de travaux pour recueillir la matière technique
  • Rédaction du mémoire, structuré sur les critères annoncés
  • Constitution ou mise à jour de votre socle documentaire réutilisable
  • Relecture de cohérence avec les pièces de prix et le dossier de candidature

Questions fréquentes

Il l’est dès que le règlement de la consultation le demande, ce qui est le cas de la quasi totalité des marchés de travaux. Son absence rend l’offre incomplète, et sur un critère de valeur technique elle obtient alors la note la plus basse.

Celle que le règlement autorise, et pas une page de plus. Certains acheteurs imposent un nombre maximal de pages, et les pages en excès ne sont pas lues. En l’absence de limite, la bonne mesure est celle qui couvre tous les sous critères notés sans remplissage.

Le socle, oui : fiches de personnel, fiches matériel, procédures, certifications. La partie qui décrit le chantier, non. C’est précisément ce que l’acheteur note, et c’est ce qu’il repère immédiatement quand il a été recopié.

La matière vient du conducteur de travaux ou du chef d’entreprise, personne d’autre ne connaît la réalité du chantier. La mise en forme et la structuration sur la grille de notation peuvent être confiées à un tiers. C’est le partage que nous pratiquons : vous fournissez la technique, nous produisons le document noté.

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